Folklore

Bourdada, bétrafe a z’yu, guénel pi alumouère

« Ché cor jor » en picard désigne l’époque de l’année à laquelle les jours commencent à diminuer.

Cette longue parenthèse solaire qu’est l’hiver, est l’objet, din nou bieu tcho poèyi, comme ailleurs de nombreuses fêtes, ou de rituels folkloriques, au nombre desquels figures ché bourdada… les lumignons betteraves.

Largement répandue la tradition de découper des courges ou des racines en hiver, que l’on pense aux citrouilles d’halloween, est très présente sur le domaine linguistique et culturel picard (dlcp).

Dans le boulonnais, les betteraves creusées sont appelées ché « guénel », ailleurs en Picardie, Artois, Flandre romane ou Hainaut, l’on trouve les appellation de bourdada, bétrafe a z’yu, ou alumouère.

Partout l’opération est la même, il s’agit d’évider une betterave, ou un navet, de creuser des orifices pour figurer les yeux et la bouche et des glisser à l’intérieur, une fois la nuit tombée, une bougie.

Cette tradition est également accréditée en Wallonie, Normandie, Bretagne, Flandre flamingantes, Lorraine et bien sûr dans les îles britanniques, d’où est originaire le célèbre Jack-O’-lantern, personnification toute irlandaise de cette pratique, qui connu le succès que l’on sait outre-atlantique.

Ché betrafe a z’yu était traditionnellement sortie en (au moins) trois occasions, pour la saint Martin, à la veille de noël et enfin dans les jours suivant ou précédant la toussaint.

Les différents noms picards de ses betteraves lanternes sont liés soit à leur fonction (bétrafes a z’yu, alumouère) ou à une fête, ché guénel faisant référence au « auguinel » cri que ché nivlé de Picardie, d’Artois et du boulonnais poussaient lors des quêtes à la veille de noël… Mais aussi en certains endroits au jour de l’an, à l’épiphanie et ainsi passant pâques jusqu’au mardi gras. Quant à l’appellation « bourdada » on pourrait y voir une déformation des « bouhour » ou « bourda » fête de l’avant carême où l’on enfumait les arbres pour les protéger de la pourriture renaissante à l’occasion du printemps.

Bien sûr le temps hivernal est propice à de nombreux autres rituels où le feu joue un rôle, comme les bougies que l’on allumait la nuit du 31 octobre et que l’on soufflait peu avant minuit pour les rallumer une fois les douze coups sonnés, ou encore « eul choque » la bûche de noël picarde que le plus jeune de la maisonnée allumait en récitant une courte prière. Les braises refroidies sont ensuite conservées pour protéger la maison de différents maux et afin de pouvoir rallumer la choque au noël suivant.

Pas de droits sur l'album 247578

Ékmin kon foué ?

Et maintenant du concret ! Comment fabrique-t-on une guénel ?

Ché aisé ! Glanez une belle betterave, passez un bon coup de brosse dessus pour retirer la boue qui colle à l’innocent tubercule.

Puis à l’aide d’un petit couteau, pratiquez une découpe légèrement inclinée sur la partie large de la betterave comme pour faire un bouchon ou un chapeau.

Retirez et gardez soigneusement cette partie, retirez et évidez l’intérieur de la betterave, attention à ne pas trop en retirer !

Puis creusez la forme des yeux, de la bouche et deux petit trous pour la ficelle, il ne restera qu’a mettre une bougie à l’intérieur et le tour est joué !

http://www.dailymotion.com/video/xlz4di

Vidéo d’initiation pour réaliser votre première guénel en temps réel !

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